DERMOPIGMENTATION MEDICALE

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Chaque année en France, 20 000 femmes atteintes d’un cancer subissent une masectomie, c’est-à-dire une ablation complète du sein accompagnée d’effets secondaires dues aux chimiothérapies et radiothérapies : perte de cheveux, de cils et sourcils. Une épreuve douloureuse et difficile qui met leur féminité à rude épreuve. Manque de moyens, d’informations ou encore crainte de replonger dans l’univers hospitalier, seul un tiers d’entre elles ont recours à la chirurgie réparatrice alors que les techniques de reconstruction ne cessent d’évoluer. En complément de celles-ci, on trouve la dermopigmentation réparatrice qui est soumise à des conditions d’hygiène particulièrement rigoureuses et strictement légiférées (décret n°2008-149 du 19 février 2008 et décret du 3 mars 2008) afin de garantir un maximum de sécurité au patient.

La dermopigmentation réparatrice ou médicale, découle du même principe que le tatouage semi-permanent esthétique. Elle consiste à déposer dans le derme, c’est-à-dire à 2 millimètres sous la surface de la peau, des petites particules colorées : les pigments.  Grâce à des pigments de différentes couleurs, on peut dissimuler des cicatrices de mise en place de prothèses mammaires ou encore traiter une femme qui n’a plus de sourcils ou de cils suite à un traitement de chimiothérapie. Depuis une dizaine d’années, les praticiens ont recours à cette technique pour  recréer et recolorer l’aréole mamelonnaire en respectant l’effet naturel avec un véritable trompe l’œil. Dans ce cas, la dermopigmentation va intervenir après la reconstruction mammaire afin de finaliser le travail de la chirurgie réparatrice (la cicatrice doit être ancienne de 6 à 8 mois).

PAR QUI LA DERMOPIGMENTATION REPARATRICE EST-ELLE PRATIQUÉE ?

Non réglementée, cette technique peut être utilisée par des médecins, des infirmières formées mais aussi par des esthéticiennes ou des tatoueurs. Elle doit être pratiquée en relation et en accord avec le corps médical. En effet, toute personne qui souhaite réaliser une pigmentation à la suite d’un traitement ou acte chirurgical doit être en possession d’un certificat médical qui spécifie la non contre-indication de l’acte de dermopigmentation réparatrice. Il est toutefois recommandé de choisir un professionnel reconnu.

QUI PEUT Y AVOIR RECOURS ?

Toutes les femmes touchées par un cancer peuvent recourir à une dermopigmentation au niveau du visage ou du corps. Cependant, toutes les peaux ne peuvent pas être tatouées. Il faut respecter certaines prescriptions

– Ne pas être enceinte

– Ne pas avoir une maladie virale évolutive

– La surface à recolorer doit être saine (pas de lésion) car sur une peau cicatricielle ou abimée, le tatouage des aréoles peut avoir des difficultés à prendre.

QUAND ?

Pour la reconstruction de l’aréole après la reconstruction mammaire, il est préférable d’attendre une cicatrisation complète, c’est-à-dire 6 à 8 mois selon la technique de lambeau de peau pris sur le grand dorsal ou par lambeau de peau pris sur le ventre.

Pour les sourcils, vous pouvez opter pour le maquillage semi permanent avant la perte de vos sourcils ou plusieurs semaines après la chimiothérapie.

LA PROCÉDURE

La technique :

– Le matériel : pour réaliser la dermopigmentation réparatrice,  le praticien va utiliser un moteur appelé dermographe (soumis aux normes médicochirurgicales)

– La technique : le démographe va tremper l’aiguille dans le pigment à vitesse et profondeur réglable. Ce pigment va ensuite traverser l’épiderme et être implanté dans le derme en petite quantité.

– Les aiguilles, buses et godets doivent être stériles et à usage unique

– Les pigments sont agrées par la sécurité sanitaire. Ils doivent tous respecter les normes CeIIb et être conformes à la couleur de peau de l’individu

Le déroulement de l’acte

Dans un cabinet médical, les interventions se réalisent sous anesthésie locale et sont de ce fait indolores. Dans un salon (notamment pour les sourcils) aucune anesthésie locale n’est pratiquée. Une crème anesthésiante à appliquer avant de passer sous l’aiguille peut être prescrite par un médecin.

Pour reconstruction aréole mamelonnaire :

La dermopigmentation réparatrice permet :

– De dessiner l’aréole mammaire

– Camoufler la cicatrice péri-aréolaire

– Recréer l’aréole mammaire.

Pour les femmes à qui on a greffé une aréole grâce à de la peau prise au niveau de l’aine, les aréoles peuvent être différentes au niveau du diamètre. Dans ce cas, les praticiens optent pour une dermopigmentation « symétrisante ». Cette technique est étudiée cas par cas par la sécurité sociale pour un éventuel remboursement.

Pour les femmes qui n’ont pas été greffées, il s’agira de dessiner directement une nouvelle aréole sur la peau grâce aux pigments naturels et introduits très superficiellement dans la peau. Un test de couleur de l’aréole est réalisé en se fiant à la couleur de l’aréole qui n’a pas été touchée. Une première retouche 2 mois après pour contrôler la tenue de la couleur, le rejet ou non du pigment. Par la suite, il faut compter une à deux retouches par an. Son effet dure entre 3 et 5 ans en fonction de la teinte.

LE PRIX ?

Pour le dessin des aréoles qui nécessite dans tous les cas un devis personnalisé, les prix varient entre 350 et 780€euros pour les deux seins.

Concernant la prise en charge par l’assurance maladie, si le tatouage médical intervient dans le cadre d’une Affection de Longue Durée exonérante (ALD), il sera remboursé par la sécurité sociale : c’est le cas pour cette intervention réparatrice.

Les sourcils : accessoires qui subliment votre regard

Les sourcils participent à l’expression d’un visage et sont un des éléments essentiels à son harmonie. La dermopigmentation va permettre de redessiner la ligne des sourcils 

 

malmenés par les traitements grâce aux pigments qui vont redonner dynamisme et santé à l’expression de votre visage.

Le déroulement :

Cette technique est une prestation sur-mesure : après avoir défini avec vous la ligne et la teinte de sourcil souhaité, le/la praticienne va reconstruire le sourcil selon la méthode souhaitée (remplissage, poil à poil pour un effet naturel) à l’aide d’un stylo mécanique. Les pigments sont injectés de manière superficielle, ainsi, aucun risque de cicatrice ou de couleur dénaturée.

Le résultat sera légèrement foncé au départ puis va perdre environ 30% d’intensité par la suite. En général, une première retouche se fait 3 semaines après la prestation puis un entretien régulier tous les 6 à 18 mois selon les teintes claires/foncées.

Durée de vie des pigments : 2 à 3 ans

LE PRIX ?

Une dermopigmentation des sourcils coûte environ 300 à 500 euros. Pour les cils, il faut compter 200 à 400 euros. Ces deux dernières interventions, considérées comme purement esthétiques, ne sont, elles, pas remboursées.

LES SUITES POUR CES DEUX TECHNIQUES :

– La couleur : elle sera foncée au début mais perdra jusqu’à 50% de son intensité et s’adaptera ainsi à votre carnation.

–  La cicatrisation : elle nécessite environ 1 semaine mais les résultats s’apprécient après 3 à 4 semaines le temps de renouvellement de l’épiderme.

– Les soins : application d’une crème cicatrisante très régulièrement

– Précautions : pas de baignade, sauna, hammam, balnéothérapie pendant 10 à 15 jours. Pas d’exposition solaire directe prolongée pendant 1 à 2 mois (application d’une crème 50 + port de lunette et chapeau)

–  Par la suite, il sera nécessaire de penser à informer tout professionnels de santé de l’existence de la dermopigmentation avant les traitements par laser et avant une greffe de cheveux .